LA REEDUCATION DU PERINEE FEMININ

Aujourd’hui retrouve un article de la sage femme Lydie Bultel qui as déjà écrit un article pour le blog ici

La rééducation du périnée féminin

1. Pour qui ?
Tout âge de la vie peut être concerné par un trouble périnéo-sphinctérien, mais le plus fréquent reste la situation post-grossesse et accouchement et autour de la ménopause.
En effet, ces moments particuliers dans la vie d’une femme, l’exposent à plus de problématiques : incontinence urinaire à l’effort ou par urgenturie, mais aussi douleurs périnéales spontanées, en position assise, en marchant, pendant les rapports sexuels,….
Ainsi, s’il n’y a pas eu de rééducation périnéale après un accouchement, il est toujours possible de bénéficier de séances des années plus tard, l’approche thérapeutique sera probablement différente.

Après un accouchement, les séances sont prises en charge à 100% dans le cadre de la prestation maternité. La sage-femme est habilitée à les prescrire lors de la consultation post-natale par exemple. Elles ne sont pas prescrites de façon systématique. C’est pourtant souvent pour la femme une occasion unique d’apprendre à « utiliser » son périnée et aussi de se réapproprier son corps après un accouchement et de retrouver un épanouissement sexuel.
En dehors de la période post-natale, une prescription d’un médecin sera nécessaire, les séances seront alors remboursées par la caisse d’assurance maladie (65 ou 70%) et la mutuelle (35 ou 30%).
Le prescripteur n’a pas besoin de définir un nombre de séances sur l’ordonnance, ce sera laissé à l’appréciation du rééducateur (il n’est pas possible de savoir avant de commencer si ce sera 8, 10, 12 ou encore 15 séances qui seront nécessaires) Au-delà de 30 séances, une demande d’entente préalable sera adressée à la caisse d’assurance maladie.

2. Par qui ?
Une sage-femme ou un kinésithérapeute formé en rééducation uro-gynécologique.

3. Comment ?
Lors du 1er rendez-vous, sont posées de nombreuses questions concernant la tonicité périnéale perçue, l’évaluation du degré de l’incontinence urinaire si elle existe, les habitudes de vie : sport, port de charge, alimentation, variations récentes de poids, antécédents médicaux, chirurgicaux, uro-gynécologiques, contraception, traitement médicamenteux, qualité des rapports sexuels, existence de douleur, ….
L’interrogatoire est suivi d’un examen clinique qui évalue la statique pelvienne, le tonus périnéal : testing, la position des organes dans le bassin et la compétence abdominale.
Seront parfois prescrits des examens complémentaires : analyse d’urine et/ou prélèvement vaginal.
En fonction de la situation, des conseils vont être prodigués : comportementaux, alimentaires, posturaux, en rapport avec l’activité physique, puis différentes méthodes peuvent être expliquées et proposées à la patiente afin de convenir
ensemble d’une conduite thérapeutique. Voici une liste non exhaustive des méthodes possibles :

! Attention ! : Jamais de « stop-pipi », exercice qui consiste à interrompre la miction en contractant le périnée : cette pratique favorise les infections urinaires et les instabilités vésicales !

3.1 La rééducation manuelle :

le thérapeute va demander à la patiente, guidée par un toucher vaginal, de contracter son périnée.
Les exercices, accompagnés de travail respiratoire, vont progresser en difficulté au fil des séances, la contraction va s’opposer à une résistance progressive des doigts de l’opérateur. Les exercices se font en synchronisation avec l’expiration, permettant une mobilisation « en miroir » du périnée et du diaphragme respiratoire et en synergie avec la ceinture abdominale.

Cette méthode a l’avantage de favoriser la prise de conscience du périnée, grâce aux doigts placés en intra-vaginal, d’apprendre à la patiente à travailler seule son périnée entre les séances au cabinet, exercices à entretenir tout
au long de la vie et d’intégrer le verrouillage périnéal à l’effort dans la vie quotidienne. (Exercices de Kegel, du nom du gynécologue qui les décrira).
Le toucher vaginal permet le contrôle de la juste répartition et direction des forces en présence. Mais, elle peut être considérée intrusive par certaines.

3.2 La méthode CMP® :

Connaissance et Maitrise du Périnée : méthode élaborée par une sage-femme, Dominique Trinh Dinh, essentiellement basée sur la visualisation d’images : grotte, écluse, ascenseur, pétales de fleurs.
Non intrusive, elle correspond à des exercices guidés.

3.3 La thérapie cellulaire active :

en association avec des exercices réalisés par la patiente, le thérapeute stimule la régénérescence cellulaire grâce à des sondes en mouvement sur le périnée. Méthode non invasive, elle accélère le
renforcement musculaire et est aussi utilisée sur des douleurs périnéales soit immédiatement après un accouchement, soit des douleurs sans lien avec un accouchement.

3.4 L’électrostimulation fonctionnelle consiste à stimuler les fibres nerveuses à l’aide d’impulsions électriques brèves transmises par une sonde placée en intra-vaginal pour provoquer une contraction du muscle périnéal et/ou sphinctérien et pour le renforcer, soit pour inhiber une activité vésicale dans le cas d’urgenturies. Cette méthode est particulièrement intéressante quand la patiente ne parvient pas ou très peu à contracter volontairement son
périnée.
Elle considérée comme moins intrusive, mais ne se suffit pas à elle seule, car elle est passive. Une fois les sensations de contraction suffisamment perçues par la patiente, un travail en contraction volontaire est nécessaire.

3.5 Le bio-feedback ou rétrocontrôle biologique :
Une sonde est placée dans le vagin, elle va enregistrer les mouvements de contraction et les traduire en un signal visuel (courbe sur un écran) ou sonore. De plus en plus, les exercices sont ludiques.

3.6 Le concept abdo-périnéo-MG® :

technique mise au point par Luc Guillarmé, kinésithérapeute, elle participe de l’augmentation du flux expiratoire. Grâce à une sorte de sifflet, appelé « Winner Flow® », calibré en fonction de la
patiente et relié à un appareil utilisé à domicile, un retour à une compétence abdominale est associé au travail périnéal.

3.7 L’eutonie :

« l’eutonie est une approche globale s’intéressant aux sensations du corps .Son but est d’harmoniser l’ensemble de la tonicité, y compris celle du périnée.
Contrairement aux approches traditionnelles, il s’agit d’apprendre à le relâcher, le plus souvent, afin qu’il retrouve sa mobilité et sa souplesse, restituant ainsi sa fonctionnalité. (…) ex. par la recherche d’équilibre sur un ½ rondin de bois » Christine Chautemps

3.8 Les boules de Geisha, ou les cônes vaginaux s’insèrent à l’intérieur du vagin.
Une fois installé, l’exercice consiste à essayer de retenir le cône ou les boules afin qu’il ne glisse pas à l’extérieur du vagin. Un réflexe naturel permet de contracter les muscles. Au fur et à mesure des exercices pratiqués régulièrement, le cône restera en place. Il est alors possible d’utiliser d’autres cônes de tailles et de poids différents. Attention cependant à ne pas les laisser trop longtemps, au risque d’une contracture musculaire !

La rééducation pelvi-périnéale, Lydie Bultel, sage-femme, juillet 2017

Bibliographie :
Périnée arrêtons le massacre, Bernadette de Gasquet, éditions marabout, septembre
2011
Abdominaux, arrêtez le massacre, Bernadette de Gasquet, Broché – 6 mai 2009
Retrouver la forme après bébé, Bernadette de Gasquet, éd. marabout pratique, août
2009
Le périnée féminin et l’accouchement, Blandine Calais-Germain, édition desiris, 4e
trim. 2000
Yoga et médecine, manuel pratique, collectif, Louis Moline and all, éd. L’Harmattan,
2004
Rééducation périnéale féminine mode d’emploi, Sandrine Galliac Alanbari, édition
Robert Jauze, 2005 et 2008.

1 Commentaire

  1. Merci pour tout ça, c’est très complet 😉

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